Radicalisation en ligne et paix· 4 min de lecture
Comment les jeunes peuvent aider à prévenir la radicalisation violente
Les jeunes sont des partenaires de la prévention. Découvrez des moyens concrets et pacifiques de soutenir vos amis, de contester les discours haineux et de trouver une aide fiable.
Quand on parle d’extrémisme violent, les jeunes sont souvent présentés comme un risque. Une meilleure vision, celle qui se reflète dans le travail international de prévention, est que les jeunes sont des partenaires. Ils savent ce qui se passe dans les espaces en ligne, ils ont de l’influence sur leurs pairs et ils peuvent construire des communautés où la haine trouve peu de place.
La prévention, c’est plus que la sécurité
Le Plan d’action des Nations Unies pour prévenir l’extrémisme violent demande aux gouvernements et aux sociétés d’associer des mesures de sécurité à des actions préventives qui s’attaquent aux causes profondes. L’Institut de l’ASEAN pour la paix et la réconciliation a lui aussi souligné que prévenir l’extrémisme violent n’est pas seulement une question de sécurité, mais de construction de sociétés inclusives, résilientes et pacifiques, et que la radicalisation chez les jeunes est de plus en plus façonnée par les environnements numériques et des facteurs socio-économiques. Autrement dit, la prévention se joue dans les écoles, les familles, les amitiés et les communautés en ligne, pas seulement dans les commissariats.
Ce qui aide les jeunes à rester résilients
- Un sentiment d’appartenance à des groupes positifs : clubs, équipes sportives, groupes de bénévoles ou cercles d’étude.
- L’esprit critique et les compétences en éducation aux médias.
- La possibilité d’être écouté, de contribuer et de se sentir respecté.
- Des amis et des mentors avec qui parler sans être jugé.
Ce que vous pouvez faire en tant que jeune
- Soyez un bon ami. Si quelqu’un semble en colère, isolé ou obsédé par un seul récit, restez en contact. Invitez-le à faire des choses ordinaires ensemble. L’isolement facilite la manipulation.
- Posez des questions plutôt que d’attaquer. « Où as-tu vu ça ? » « Que dirait l’autre camp, à ton avis ? » Les questions curieuses gardent la conversation ouverte, alors que les insultes poussent les gens à défendre leur position.
- Partagez des informations fiables. Si un ami publie quelque chose de faux, envoyez-lui une source digne de confiance sans l’humilier.
- Ne répétez pas de langage déshumanisant. Même les blagues peuvent banaliser la haine.
- Créez des contenus positifs. Des histoires de coopération, de bénévoles locaux, d’échanges culturels et de fêtes partagées donnent à l’algorithme autre chose à promouvoir.
- Soutenez les personnes visées. Un message gentil à quelqu’un qui est attaqué en ligne compte plus que vous ne le pensez.
Éviter les erreurs courantes
- N’étiquetez pas les gens. Traiter quelqu’un d’« extrémiste » à cause de sa religion, de son ethnie ou de son opinion politique est injuste et peut l’éloigner davantage.
- Ne confondez pas désaccord et danger. Les opinions tranchées, la contestation et la critique ne sont pas un soutien à la violence.
- N’enquêtez pas sur des personnes dangereuses et ne les affrontez pas seul. La sécurité d’abord.
- Ne propagez pas de rumeurs sur qui pourrait être « radical ». Les accusations publiques peuvent détruire des vies.
Quand demander de l’aide
Adressez-vous à un adulte de confiance, à un enseignant, à un conseiller ou à un responsable communautaire si vous voyez :
- Des menaces ou des projets de faire du mal à d’autres ou à soi-même.
- L’éloge d’actes violents et des appels à les imiter.
- Un isolement soudain et intense accompagné de haine envers un groupe précis.
Si quelqu’un est en danger immédiat, contactez les services d’urgence locaux. Vous pouvez aussi signaler les contenus violents à la plateforme où vous les avez vus. De nombreuses plateformes proposent des options de signalement spécifiques pour les menaces et les contenus violents.
Un exemple réaliste
Mealea remarque qu’un camarade de classe, Rithy, a commencé à publier des mèmes pleins de colère qui qualifient une autre communauté de « dangereuse ». Mealea ne le critique pas publiquement. Elle lui écrit plutôt : « Salut, j’ai vu ta publication. Je ne suis pas sûre que ce soit vrai, voici un article qui explique ce qui s’est vraiment passé. On déjeune ensemble ? » Pendant le déjeuner, ils discutent. Rithy avoue qu’il se sent mis à l’écart et en colère après un problème familial. Mealea lui suggère un club de bénévolat de l’école. Rien de spectaculaire ne se produit, et c’est tout l’intérêt. De petits gestes d’amitié et des informations honnêtes, voilà à quoi ressemble la prévention au quotidien.
Travailler ensemble
Les jeunes peuvent organiser des discussions entre pairs, créer des affiches de sensibilisation, animer un club d’éducation aux médias, ou inviter des enseignants et des responsables communautaires à parler de respect et de non-violence. Ces activités renforcent la confiance et montrent que la participation pacifique est valorisée.
À retenir
- Les jeunes sont des partenaires de la prévention, pas des suspects.
- Restez en contact, posez des questions et partagez des informations fiables.
- N’étiquetez jamais les gens selon leur religion, leur ethnie ou leurs opinions.
- Impliquez des adultes de confiance quand il y a un risque de violence.
Sources
Continuer la lecture
Dites-nous quoi écrire ensuite
Vos retours nous aident à améliorer ces guides. N’indiquez ni mots de passe, ni numéros d’identité, ni secrets personnels.